Dérives sectaires
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C’est après l’apparition du mouvement du révérend Moon aux Etats-Unis dans les années 50, puis dans les années 70, alors que des enfants mineurs partent pour rejoindre des sectes aux USA, que la France prend conscience de l’émergence du phénomène sectaire ; c’est également à cette époque que se constitue l’Association pour la Défense des Familles et des Individus. Plusieurs événements vont ensuite survenir, ramenant régulièrement devant l’actualité la question des mouvements sectaires :
- 1978 : suicide collectif au Guyana
C’est notamment à la suite de cette dernière affaire qu’un rapport parlementaire ( Geist / Guyard ) est publié, qui :
Analyse le phénomène en reconnaissant la difficulté à définir une secte en droit Etablit une liste de 173 mouvements à caractère sectaire ( sans valeur normative ) Crée une typologie de ces mouvements par « famille »
Dans le cadre de l’action gouvernementale, est créée en 1998 la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes (dont le président est M. Vivien) qui sera remplacée en 2002 par la Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires (MIVILUDES) rattachée au Premier Ministre : on ne parle plus alors de sectes mais de dérives sectaires, l’accent étant mis désormais sur l’information du public et la formation des agents publics en insistant sur la prévention. A ce titre, le gouvernement décide de créer des cellules de vigilance dans tous les départements, qui ont pour but :
En Côte-d’Or, la cellule départementale de vigilance a été installée le 19 avril 2004. Cette mission se heurte à la difficulté pour définir et identifier les dérives sectaires et les mouvements qui en sont porteurs. La France connaît une situation particulière qui diffère d’autres pays par son souci de disposer d’un dispositif législatif protecteur pour les citoyens. Cette philosophie et cette approche du phénomène sectaire, qui privilégie la protection de l’individu, sans pour autant remettre en cause la liberté d’association, de culte et de conscience, conduit ainsi notre pays à dénommer "mouvements sectaires" des organisations qui seraient considérées ailleurs (notamment dans les pays anglo - saxons) comme des religions ou des associations cultuelles et par là même dotées de la plus grande liberté d’action.
Tous les citoyens peuvent être confrontés aux agissements d’entreprises qui ont pour objectif de déstabiliser les plus fragiles d’entre eux, souvent pour en tirer un profit financier . Les mouvements à caractère sectaire favorisent la déstabilisation de la personne et exploitent sa faiblesse. Sous une identité rassurante, ils peuvent agir dans tous les secteurs, mais sont très présents à l’heure actuelle dans la formation professionnelle, la sphère médicale et paramédicale (les nouvelles médecines, les guérisseurs etc…), le domaine scolaire ou parascolaire (y compris le secteur très porteur de l’aide aux devoirs). Ils sont surtout en perpétuelle évolution, s’adaptant aux mutations du monde moderne et aux interrogations face aux crises de la société, affirmant vouloir agir pour le bien public. Pour déterminer le caractère sectaire d’un groupe, d’un mouvement ou d’une association, et son éventuelle dangerosité, il convient de s’appuyer sur différents critères révélateurs : déstabilisation mentale, caractère exorbitant des exigences financières, rupture avec l’environnement d’origine, existence d’atteintes à l’intégrité physique, embrigadement des enfants, discours antisocial, troubles à l’ordre public, importance des démêlés judiciaires, tentative d’infiltration des pouvoirs publics. Ces critères doivent permettre à l’entourage des « victimes» potentielles d’identifier le mode de fonctionnement de ces mouvements : adhésion inconditionnelle à un groupe structuré, rejet du monde extérieur, prosélytisme abusif, endoctrinement des enfants, structure organisée sur un mode autoritaire, opaque et cloisonné, contrôle mutuel des membres et difficultés pour quitter la structure ; dans le cas d’un individu isolé cela se traduit par un certain nombre de signes caractéristiques (adoption d’un langage spécifique, modification des habitudes alimentaires, refus de soins, rupture avec la famille ou avec le milieu social, engagement exclusif dans un groupe, soumission absolue et dévouement total aux dirigeants, perte d’esprit critique…) . L’identification de telles pratiques est complexe ; elle se heurte à la crainte de représailles, qui interdit de recueillir des plaintes ou même un simple signalement des faits de la part d’anciens adeptes ou de personnes ayant des personnes de leur famille ou de leur entourage concernées. Il est ensuite très difficile d’apporter la preuve que les faits ont bien été commis. Néanmoins, l’application de la loi reste dissuasive et nécessaire puisqu’elle peut permettre, en cas de suspicion, d’engager une enquête préliminaire sans qu’il soit besoin de disposer à ce niveau d’une qualification juridique précise ; l’enquête permet ensuite de faire le point sur l’activité de tel ou tel organisme et de ses dirigeants, sur son patrimoine et sur d’éventuelles pratiques financières douteuses, ou sur la présence de personnes majeures ou mineures vulnérables ; ces éléments déterminent la mise en œuvre de l’ article L 223-15-2 du code pénal qui prévoit des sanctions en cas d’abus de faiblesse (il faut souligner l’importance du témoignage pour révéler l’abus de faiblesse). De même, il n’est pas indispensable de définir la qualité d’un mouvement au préalable pour lutter contre ses dérives, qui s’appréhendent au regard de la transgression de la loi républicaine, les dérives sectaires pouvant conduire à toutes sortes d’infractions : pénales (abus de faiblesse, vol…), civile, administrative ou financière et donc donner lieu aux poursuites et aux condamnations qui s’y attachent.
En premier lieu, il est primordial pour l’entourage (famille, amis, voisins, collègues de travail…) de maintenir le contact par l’information sur le groupe fréquenté (ses rites, sa philosophie, son vocabulaire), le respect de la personne et la prise de conscience des contrevérités contenues dans les doctrines proposées, la persistance du dialogue, l’évocation de souvenirs partagés etc… Les cas de disparitions, de recherches dans l’intérêt des familles, ou de fugues peuvent être aussi des signes avant-coureurs d’une emprise de nature sectaire. En cas de suspicion de faits délictueux commis sur la base de ces critères, la réaction et la démarche de l’entourage, mais aussi de l’agent public qui a été informé de tels faits, doivent être guidées par le souci de préserver l’individu d’une emprise physique ou psychologique dangereuse, et de prévenir la société de troubles à l’ordre public. Elle doivent être menées dans le respect absolu des libertés publiques et individuelles, dont la liberté d’association et la liberté de conscience. Dès que des craintes existent concernant les agissements d’un mouvement de nature sectaire, ou que le comportement d’une personne semble correspondre aux critères rappelés ci-dessus, chacun peut et doit faire appel aux services de l’Etat (préfecture, police, gendarmerie, justice, jeunesse et sports, affaires sanitaires et sociales, concurrence, consommation et répression des fraudes, éducation nationale, travail, emploi et formation professionnelle, etc…) lesquels disposent de toutes les informations permettant de traiter les cas qui leur sont présentés. De même, les services sociaux ou de protection de l’enfance du Conseil Général, ou les maires des communes, sont des interlocuteurs attentifs à ces questions, et qui peuvent servir de relais auprès d’un service plus spécialisé. Souvent, un simple coup de téléphone permet de confirmer ou d’infirmer les faits et de procéder à certaines vérifications. En cas de faits graves ou avérés, il est recommandé de déposer plainte, sans délai, soit auprès des services de police ou de gendarmerie, soit auprès du parquet.
Vous pouvez faire appel à l’Association Départementale de Défense des Familles et des Individus, émanation d’une association nationale destinée à constituer un lieu d’accueil et de conseil pour les particuliers confrontés aux mouvements sectaires (ADFI : antenne de Dijon, centre municipal des associations, salle 206, 2 rue des Corroyeurs, 21000 Dijon – Tel : 03 80 41 80 65 ; UNADFI : 130, rue de Clignancourt, 75018 Paris, Tel : 01 44 92 35 92 , www.unadfi.org ) Des informations utiles pourront être obtenues sur ce sujet en consultant le site www.miviludes.gouv.fr ou en adressant un message à bureau-cabinet@cote-dor.pref.gouv.fr. |



















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